Le Mmorial d'une journe Du sillage de la mer aux sillons d?une habitation; Jacques Kanon, colon Jrmie

Ronald Deschnes

NDLR. En juin 1987, il sortait des presses de l?Imprimerie Centrale, une monographie familiale rdige par feu J.lie Lestage. L?auteur avait rassembl sous le titre Mmoires d?un Jrmien, en plus des donnes gnalogiques usuelles, des souvenirs relis aux diverses tapes de sa vie. Cette narration maille d?anecdotes, de moult histoires, met en scne des personnages qui ont faonn le milieu social de Jrmie. Nous remercions madame Lucie Petit, veuve Lestage d?avoir autoris la reproduction du texte ci-aprs.

Ce texte est publi intgralement dans sa forme originale, sans altration, sans modification, soit du style, soit de l?orthographe.

MMORIAL D?UNE JOURNE ORGANISE PAR LE GNRAL KERLEGRAND JRMIE EN L?HONNEUR DE LA VISITE DE M. ET MME FRDRIC FEBVRE EN L?ANNE 1895.

C?est dans l?espoir de raviver dans l?esprit de nos jeunes concitoyens les faits glorieux de nos ans que j?inscris ce Mmorial qui en met en lumire comment nos anctres exaltaient les mrites des aeux.

J. Elie Lestage.

Les pices publies ci-aprs m?ont t fournies par la courtoisie d?un ami d?enfance M. Franklin Brire.

Lettre de M. Frdric Fbvre.

Permettez-moi, mon cher M. Laforet, pour justifier l?en-tte de cette lettre de dtacher de la prface que mon matre et ami, Dumas fils, voulut bien me faire l?honneur d?crire pour le deuxime volume de nos Mmoires, les quelques lignes ci-aprs qui expliqueront vos lecteurs, comment j?ai pu tre assez heureux, de venir Port-au-Prince, qui est une ville o l?on ne passe pas par hasard, accomplir le pieux plerinage de la Guinaude, et tenir en mme temps la parole donne nos amis, qui je l?espre ont la bonne fortune d?tre des vtres.

Bien cordialement

Frdric Febvre

COMMENT NOUS VINMES EN HAITI

Quand vous tes venus m?apporter votre manuscrit et que je vous ai interrog sur les causes de votre rsolution si dfinitive, vous m?avez rpondu " J?ai promis nos amis Bobo et Pouille d?aller les voir Haiti. Je veux tenir ma promesse", et j?ai vu derrire ce sourire qui a si souvent clair les histoires que vous nous rencontriez pendant les entractes des rptitions, j?ai vu que c?tait srieux!

Ainsi, j?avais sous les yeux un homme qui, ayant projet plusieurs annes l?avance de faire quelque chose, le fait. A ces amis que nous avons vous et moi Haiti, qui vous parlaient chaque fois qu?ils venaient en France des beauts, et des charmes de leur pays natal, vous avez dit " quand mon engagement avec la comdie franaise sera termin, je quitterai le thtre, et j?irai vous voir aux Antilles".

Vous quittez le thtre, et aprs avoir pris votre temps pour arranger toutes vos petites affaires europennes. Vous partez en effet pour Port-au-Prince, aprs avoir donn le spectacle de tant de personnages secous aux quatre vents, du hasard et de la passion, vous donnez tout coup dans la ralit, celui d?un homme qui fait ce qu?il veut, c?est tout bonnement admirable! Surtout dans les temps agits o nous vivons?

Je suis un de ceux qui perdent le plus votre dpart. Que vont devenir Clark, M. de Riverolles, M. de la Rivonnire, Olivier de Jalin, pendant que vous ferez la sieste dans les hamacs d?Haiti, en buvant le caf du Gros Morne? Etes-vous sr que votre Mmoire n?voquera pas le souvenir de tous les personnages de la vie desquels vous avez vcu, en leur faisant une me la vtre. Etes-vous sr qu?ils ne vous rappelleront pas l o ils sont rests, et n?est ce pas pour tre sr de rsister la tentation que vous allez si loin?

Adieu donc, mon cher Febvre, je n?ose plus dire au revoir ceux qui partent. J?ai pass l?ge des formulent qui engagent l?avenir, nous avons fait la guerre ensemble, et la bonne guerre, toujours bravement et loyalement. Je perds un bon compagnon d?armes, mais qui sait si je livrerai encore quelque bataille, et vous avez soif d?espace et de libert? Vous avez des jardins en toile peinte, il vous faut le soleil des tropiques et les immenses forts d?acajou. Je voudrais tre votre place, allez!?

Vous serez bien reu l bas, c?est un des rares pays o l?on aime encore la France.

Un jour que vous n?aurez rien faire, et qu?il fera trop chaud, descendez au sud de l?le, jusqu? Jrmie sur le golfe de Logne. C?est un vritable voyage. C?est un vritable plrinage que je vous demande de faire.

C?est l qu?au printemps de 1762, une petite esclave noire mettait au monde un petit multre, lequel devait tre un jour le gnral Alexandre Dumas et se continuer en deux auteurs dramatiques qui vous ont fait quelques un des rles que vous avez si bien jous.

Tout vous,

A.Dumas Fils.

Avant de venir en ce doux pays, j?avais appris le connatre, c?est--dire l?aimer, par l?aimable frquentation de jeunes haitiens rsidant Paris, tous fervents admirateurs de notre belle et noble maison de Molire.

A chacun de ces jeunes gens, j?avais fait la promesse, que le lendemain de ma prsentation d?adieu, mon premier soin serait de leur faire visite chez eux!

Beaucoup m?ont avou depuis qu?ils n?ont cru ce lointain dplacement, que le jour o j?ai tlgraphi de Santiago de Cuba, mon regrett ami Bobo, la date et l?heure o

"le Manuela" nous dbarquerait Port-au-Prince.

Quelques jours aprs notre arrive, je m?informai prs de notre hte des moyens qu?il convenait d?employer pour tenir la promesse faite l?crivain trop tt disparu, pour la gloire et l?honneur des lettres, l?ami si brusquement arrach notre affection.

Le voyage de Jrmie n?est pas chose facile, me fut-il rpondu. Il faut une occasion!

Deux jours plus tard, cette occasion se produisit sous une forme un peu macabre; mais je n?avais pas le choix des moyens.

Une dame Vigoureux, qui venait de mourir Port-au-Prince, avait dans ces dernires volonts exprim le dsir d?tre inhume Jrmie, lieu de sa naissance.

Grce une puissante intervention, le bateau "Rivire" qui transportait cette dpouille mortelle, voulut bien nous prendre bord; munis de lettres de recommandation de Fouchard, du gnral Kerlegand, de Bobo, de Daubigny, nous partimes donc?

En descendant du bateau funbre, et aprs avoir assist aux obsques de Mme Vigoureux (c?est le moins que nous lui devions), nous nous prsentmes chez M. Gostale, agent consulaire de France. Cet aimable fonctionnaire, tant absent, ce fut Mme Gostale et ces nices, Mlles Rouzier qui nous firent le plus courtois accueil.

Quand le soir de notre arrive, j?eus expliqu MM. Rouzier, (les frres de Mme Gostale), que je nourrissais le fol espoir d?accomplir ma mission le lendemain, afin de regagner de suite Port-au-Prince, la stupfaction de ces messieurs, je compris bien vite que les choses ne pouvaient marcher avec cette rapidit.

Mais, cher M. Febvre, me dirent mes htes, c?est tout a fait impossible, on ne va pas la Guinaude comme en France, on se rend Saint-Cloud. Il faut avant tout retrouver un vieux noir du nom de Pamphile, qui seul, connat exactement l?emplacement de l?ancienne plantation du Marquis de la Pailleterie, sur laquelle se trouvait la case de Tiennette Dumas.

Il faut, en outre, reconnatre les sentiers travers les mornes, pour que nos montures puissent y accder, il faut envoyer l-haut, dos de mulet, des provisions de bouche pour vous et ceux de nos compatriotes qui tiendront l?honneur de vous faire escorte. De plus, le bateau Allemand qui doit vous donner passage, pour ramener Port-au-Prince, ne touchant pas Jrmie avant huit ou dix jours, il convient donc que vous demeuriez nos htes et que vous vouliez bien nous laisser les moyens de vous rendre aussi agrable possible votre sjour forc!

Huit jours aprs le gnral Kerlegrand, le plus charmant homme qui se puisse rencontrer, venait nous avertir que tout tait rgl, et que le mardi, 9 avril, avant le lever du soleil, nos amis de Jrmie nous attendraient place de la Cathdrale.

Le jour naissait peine Victoria correctement attele venait prendre aux noms de M. Laraque, Mme Febvre, tandis que de la part du gnral Kerlegrand, un serviteur m?amenait le charmant petit cheval qui m?tait destin.

Je sautai gaiement en selle, la voiture suivit, et, jugez de mon tonnement, de mon motion, quand en arrivant au rendez-vous, au lieu d?y trouver quelques compagnons de route, mon regard s?arrta sur une cinquantaine de cavaliers qui nous attendaient et qui, ds que nous apparmes, se dcouvrirent silencieusement.

Certes, au cours de ma longue carrire, j?ai prouv de grandes motions, mais je vous assure, mon cher M. Laforest, que l?impression que me causa cette nouvelle preuve de la proverbiale courtoisie de vos compatriotes, est un des meilleurs souvenirs de ce voyage.

Quant aux dtails de cette belle journe, je ne puis faire mieux que reproduire ici la lettre que j?adressais le soir mme, de Jrmie, l?auteur du Demi-Monde et de tant d?autres succs.

Sign Frdrick Lefebvre*

Jrmie, 9 avril 1985*

Jrmie, Avril 1895

Mon cher Dumas,

Ce matin, un peu avant le lever du soleil, aprs avoir travers la Grande-Rivire, gravi les mornes, pass gu la source Madre, franchi bien des obstacles, plus de cinquante cavaliers sont arrivs enfin la Guinaude, sur l?emplacement de la grande case.

C?est bien l, au ct Ouest de la partie franaise, qu?au mois de Mai de l?anne 1762 Tiennette Dumas mettait au monde celui qui devrait tre un jour le gnral Dumas.

Venus de Port-au-Prince Jrmie pour tenir la promesse faite l?auteur du pre prodigue de me rendre la Guinaude, j?ai trouv pour accomplir ce plerinage le concours le plus empress; le plus fraternel.

Hlas! de ce qui fut autrefois une grande habitation, il ne reste plus que les dbris d?un vieux moulins!

L ou la petite esclave venait de donner la vie cette ligne de Gants qui ont illustr

leur pays avec tant d?honneur et de gloire, soit par la plume, soit par l?pe, je n?ai trouv que quelques pierres noircies, quelques fleurettes et une modeste cabane!?mais quels horizons!?aussi vastes, aussi profonds que profondment demeurera dans l?avenir ce glorieux nom de Dumas!

Deux heures aprs toute la petite troupe s?est remise en marche sous un soleil brillant pour venir djeuner la case d?Antoine.

Le bon Pamphile nous servait de guide au milieu de ce labyrinthe tout en fleurs.

Djeuner charmant, plein d?entrain, les provisions avaient t expdis dans la nuit, dos de mulets.

Et tout cela me faisait penser votre cher et regrett pre, la journe de ses obsques Villiers-Cotterets.

L encore, comme aujourd?hui, le soleil tait de la partie, et ses chauds rayons semblaient vouloir que chaque assistant cartt de son esprit tout sentiment de tristesse?car pour tous les vtres mon cher ami, le soleil qui fte leur venue en ce monde, dissipe encore aprs leur mort l?ombre, la douleur, l?oubli!

Aprs ce petit repas si cordial, si pittoresque, plusieurs de nous ont pris la parole pour chanter Tiennette et ses illustres descendants.

On a bien parl du gnral, de votre illustre pre et de vous, mon cher Dumas, aussi je vous adresse de suite ce souvenir encore tide d?une naive et sincre motion.

Puis nous sommes descendus la Cascade o se baignait votre glorieux grand-pre quand il tait enfant. Si aujourd?hui celui qui se plonge dans cette belle eau claire et limpide ne risque plus d?y rencontrer le lgendaire "caiman" qui faillit dvorer le brave gnral dans ses bats nautiques, en revanche, l?endroit est rest merveilleux, plein d?ombre, de fracheur et de mystre!

Connaissant votre horreur des longueurs, je vous mets la poste de Jrmie ce procs-verbal d?une journe qui restera inoubliable, et mes aimables compagnons et compagnes de route y joignent, avec l?expression de leur admiration, celle de leurs plus affectueux sentiments.

Et pendant qu?on scellait nos montures, j?ai cueilli ces petites fleurs qui vous parviendront dssches! ?elles ont pouss l-haut sur le sommet des Mornes que nous avons redescendus lentement, pendant que la lune clairait de sa discrte lumire ce lieu si bruyant tout l?heure encore et maintenant si calme, si religieusement silencieux.

Votre bien affectueux

Frdcic Lefebvre**

P.S.: Etaient prsents et ont sign:

Docteur et Mme C. Van Waterschoot, Messieurs Louis Goubault, Gnral Kerlegrand, Pressoir Jrme, Numa Laraque, Villedrouin, Dr C. Gaveau, Saint-Juste, U. Duvivier, C. Chassagne, D. Clri, Dr L Margron, A. Blanchet, C. Lavaud, Ph. Laraque, O. Duvivier, Fouchard Martineau, Lonce Duvivier, Numa Rigaud, Th Dgraffe, G. Laveau, Dufren, Pamphile, L.A. Thimothe, Franois tienne, Gastan, A. Rgis, H. Villedrouin, P.L. Laraque, Albertini, Lysias Jn-Pierre, Pamphile Jeune, J.H.Lanoue, Jeannot, D. Desquiron, Th. Blanchet, Volney Gostalle, M. et Mme Lefebvre.

A cette heure, o il me faut envisager avec tristesse l?impossibilit d?aller de nouveau me rchauffer aux rayons de votre vivifiant soleil, grce la cordiale hospitalit que je trouve dans les colonnes de votre si intressante Revue, il me reste du moins la consolation de causer encore travers l?espace avec nos amis de l-bas, sans avoir le chagrin de leur voir constater sur mon visage si la vie, ce roman si souvent mal fait, n?a pas laiss la trace des annes trop longuement passes loin d?eux.

Que seront devenus tous ces tres, mls si heureusement au hasard de notre voyage? Je serais heureux de le savoir?et leur adresse, en attendant un souvenir mu et reconnaissant.

NDLR: * Il faut lire Frdric Febvre. Jrmie mars 1895. / ** Il faut lire Febvre.



Peabody Essex Museum, cl. 0161












DU SILLAGE DE LA MER AUX SILLONS D?UNE HABITATION; JACQUES KANON, COLON JRMIE.

par Ronald Deschnes

NDLR. Monsieur Ronald est n Grand-Mre, lors d?un orage pouvantable. Il s?est rendu au pied de l?autel sous une temprature de moins 40 degrs Celsius. Il habite la ville de Sainte-Foy, une banlieue de Qubec. Il a t durant de nombreuses annes le gnalogiste de la famille souche Miville-Deschnes. Il est membre vie de la Socit d?histoire de Sainte-Foy. Comment en est-il venu s?intresser au type que nous connaissons comme habitant propritaire la Grand?Anse ? Il rpond ceci:Depuis la vnrable anne 1973 (dj?), j?effectue une importante recherche concernant le lieutenant de frgate Jacques Kanon. Les raisons qui m?ont pouss commencer cet interminable travail sont assez obscures, chose certaine je trouvais l?poque qu?il n?existait pas beaucoup de renseignements disponibles sur cet officier. De plus je me cherchais un hobby intressant en histoire maritime.

C?est vers 1770 (112a), que notre audacieux blayais s?installa dans la rgion de Jrmie(112b) la rivire Voldrogue. Il fit ensuite l?acquisition d?une habitation la rivire Guinode le 21 fvrier 1778 pour la somme de 12,000 livres payable 4,000 livres tous les huit mois. Proprit du Sieur Joseph-Marie Masse, demeurant rue de la Marine, elle tait compose de ...quarante neuf quarreaux de terre avec tablissement...au nord de la rivire Guinode, au Sud de la nomme Fremont aujourd?hui Le Sr Kanon, Lest d?autres possessions du Sr Kanon et de la dame Godde et a Louest du Sr franois Plomb...(113)

Le 22 juin 1778 il loua du Sieur tienne Boisselot deux chambres dpendantes rue de la Marine, pour la somme de 1,400 livres par anne. De plus il acheta le 30 juin 1778 du Sieur David Dupuy marchand de Jrmie, pour la somme de 1,000 livres, un magasin au canton du Pre la Montagne sur les cinquante pas du Roi au bord de la mer. Le 25 janvier 1784, il transigea avec le Sieur Jean Coeur, maon, un autre magasin au mme prix et situ au mme endroit. Il opra une grande sucrerie la Voldrogue et s?associa son gendre le Sieur Jean Chalmette, qui lui possdait une sucrerie la Grande-Rivire. Il tait encore habitant la Voldrogue le 23 juillet 1788.

Ensuite, nous avons dnich deux textes supplmentaires sur la prsence de Jacques Kanon Saint-Domingue. Le premier date de juillet 1791: Au quartier des Grandes Feuilles, dpendance de Jrmie neuf forts ngres de nations bambara et mandingue avec deux ngresses faisant en tout onze esclaves sont partis marrons de l?habitation de M. Kanon, habitant de Jrmie. (114). Le deuxime est de 1797: ...plus haut est la sucrerie Canon, avec un moulin qu?elle doit la Voldrogue...(115)

L?habitation(116) Canon existe encore aujourd?hui. Situe une heure et demie de route de Jrmie, il s?agit d?une ferme de 100 200 hectares au sud de la rivire Voldrogue. Le frre Bruno Laroche F.I.C. qui a t enseignant de 1960 1962 et directeur de 1963 1969 l?cole Frre Paulin de Jrmie, se souvient d?tre all maintes fois cet endroit avec des groupes d?lves pour se baigner et pique-niquer. Sur ce terrain se trouve une rhumerie(117) qui tait la proprit de Madame Vv Vilaire.

Selon Monsieur Jean-ric Parisien, natif de Jrmie, il s?agit maintenant d?un petit coin de trois ou quatre quartiers. L?habitation elle-mme qui comprend un moulin en bois et plusieurs vestiges en pierre, est tendue sur une dizaine d?hectares. On y trouve plusieurs varits d?arbres dont des palmiers, des cocotiers, des manguiers, des avocatiers et l?Arbre Vritable avec lequel de la farine a t rcemment obtenue. Ce n?est plus Vv Vilaire(118) qui l?exploite, mais son fils adoptif Lenon Sanon(119). Il produit en cooprative du tafia et du clairin. On ne fabrique plus de rhum, car la distillation de cette boisson ncessite de l?quipement spcialis.

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NOTES BIBLIOGRAPHIQUES

112a- Il quitta Bordeaux sur le navire la GRANDE-ANSE de Bordeaux de 200 tonneaux en janvier 1772 avec toute sa famille. taient passagers: Ptronille Godd de Dunkerque ge de 40 ans, pouse du Sr Jacques Kanon.. Antoinette-Franoise Kanon de Dunkerque ge de 14 ans, sa fille. Anne-Marie Godd de Dunkerque ge de 26 ans, belle s?ur du Sieur Kanon. Archives Dpartementales de la Gironde, 6B-106 et 6B-476.

112b- Cette ville situe dans la partie sud de Saint-Domingue, fut habite par un pcheur nomm Jrmie vers 1720. Le patron de l?glise s?appela Saint-Louis et les registres de la paroisse furent dfinitivement ouverts le 11 juillet 1725, par un dominicain, le pre Michault. Dans les annes 1797, on y trouvait 10 indigoteries, 7 sucreries, 32 cotonneries et 118 cafteries. A la mme poque la population de la ville et ses accessoires frlait les 20,000 habitants, soient 2,000 blancs, 1,000 affranchis et plus de 17,000 esclaves. Comme dans toutes les villes coloniales, elle possdait ses bourgeois. Parmi ceux-ci notons les Jrmiens Hildevert-Marie-Franois Berquier, Pierre-Joseph Bighin ou Beghin, Louis-Auguste Letonnier baron de Breteuil, Franois Breuil, Hippolyte-Ren de Chardonnay, Marthe-Jrme Duvivier de la Mahautire, Jrme-Louis-Barthlmy de Favarange, tien-ne Lefebvre-Deshayes, Pierre et Franois Testas. Mdric-Louis-lie MOREAU de SAINT-MRY, Description Topographique, Physique, Civile, Politique et Historique de la Partie Franaise de l?Isle Saint-Domingue, p. 1452, 1453, 1458, 1459, 1465, 1484, 1486, 1487, 1513 et 1552.

113- Archives des Colonies, D64, Notaires de Jrmie, Bose 21 fvrier 1778. Le Sieur Masse l?avait lui-mme obtenue de la multresse Marguerite Laroche, le 25 mai 1775. Depuis le 20 avril 1777, Jacques Kanon tait pratiquement en possession de cette plantation. Note de l?auteur.

114- Jean FOUCHARD, Les Marrons de la Libert, p. 407.

115- Mdric-Louis-lie MOREAU de SAINT-MRY, p. 1388.

116- Le mot habitation est un nom employ Saint-Domingue pour dsigner une plantation. Note de l?auteur.

117- Il y avait une guildeverie pour la fabrication du sirop de canne et de l?alcool(tafia, clairin et rhum). Lettre du Frre Bruno LAROCHE en date du 6 octobre 1996.

118- Vv Villaire. C?tait une richissime veuve qui a adopt plusieurs enfants. Elle est dcde vers 1970 l?ge d?environ 80 ans. Tmoignage de Monsieur Jean-ric PARISIEN. Avant cette dame, c?tait Monsieur Klbert Villedrouin qui occupait l?habitation. Lettre de S?ur Albertine Boucher en date du 16 mars 1998.

119- Lenon Sanon. Propritaire actuel de l?habitation Canon. Il a lev cinq enfants dont Pierre-Antoine, Max, Jocelyne, Jacqueline et Irma. Aujourd?hui, il demeure Port-au-Prince. Tmoignage de Monsieur Jean-ric PARISIEN.

TAT DES SERVICES DE

JACQUES KANON (CANON)

A) Arrire-arrire-petit fils de Gobert Canon et d?Antoinette Beau. Arrire-petit-fils de Jacques Canon, originaire de Guise (Aisne) soldat sur la patache du convoi de Blaye, et de Marie Papin. Petit-fils de Louis Canon, pilote, et de Marie Boisset.

B) Fils d?Antoine Canon, capitaine de navire, et de Catherine Roquillet.

C) Naissance: Blaye paroisse St-Sauveur le 5 janvier 1726.

D) Embarquements: Mousse sur la REINE-MARIE de Bordeaux capitaine Antoine Canon (son pre) pour Saint-Domingue de 1738 1739. Patron de canot sur la LAURENCE de Bordeaux capitaine Jean Cochon pour Saint-Domingue de 1740 1741. Novice sur la RENOMME de Bordeaux capitaine Guillaume Turgeau pour la Martinique de 1742 1743. Deuxime pilote sur le ROYAL-DAIM de Bordeaux capitaine Louis Beaunevent pour Saint-Domingue de 1744 1745. Matelot sur la corvette du Roy le MERCURE-ANGLAIS de 14 canons commandant St-Memy en 1746. Dans le port de Brest, " la Cayenne" du 24 novembre 1746 au 2 janvier 1747. Matelot sur la mme corvette commandant Bory en 1747. Deuxime lieutenant sur la MOUCHE de Dunkerque capitaine Pierre Lefebvre dit Juin Fils en 1747. Deuxime lieutenant sur le COMTE-DE-MAUREPAS de Dunkerque capitaine Jean-Franois Chen en 1747. Deuxime lieutenant sur la CHARMANTE de Dunkerque capitaine Pierre Lefebvre dit Juin Pre en 1748. Aide pilote sur la LIBERT de Dunkerque capitaine Joseph Mathieu pour Amsterdam en 1748. Aide pilote sur la BALEINE de Dunkerque capitaine Joseph Mathieu pour le Cap-Franais de 1748 1750.

E) Commandements: Sur le PRINCE-DE-SOUBISE de Dunkerque de 1756 1757. Sur la frgate du Roy la VALEUR de 1757 1758 pour Qubec. Sur la frgate le MACHAULT de Bordeaux de 1758 1759 pour Qubec. Sur la frgate l?HARMONIE de Dunkerque en 1760 pour Port-au-Prince. Sur le navire le COLIBRI de Bordeaux en 1761? Sur la frgate l?INTRPIDE de Bordeaux en 1762 pour Saint-Domingue. Sur la frgate l?INTRPIDE de Bordeaux en 1763 pour Cap-Franais. Sur le navire le ROY-DE-KABINDE de Bordeaux en 1766 pour Cap-Franais. Sur le navire le MANGOFF de Bordeaux de 1769 1770 pour Cap-Franais. Sur le navire le MANGOFF de Bordeaux en 1771 pour Saint-Domingue. Sur le navire la GRANDE-ANSE de Bordeaux en 1772 pour Jrmie.

F) Grades: Capitaine de navire et patron Dunkerque le 16 juillet 1750. Lieutenant de frgate Bordeaux le 8 juin 1757. Capitaine de brlot Bordeaux le 25 janvier 1760.

G) Mariage: Dunkerque paroisse Saint-loi le 10 mars 1750 Ptronille Godd (Fille de Pierre-Franois Godd et de Marie-Catherine de Tilly). Ne le 21 et baptise Dunkerque paroisse Saint-loi le 23 fvrier 1728. Dcde Jrmie paroisse Saint-Louis le 11 avril 1778 l?ge de 50 ans. Leurs enfants:

  1. Pierre-Charles. N et baptis Dunkerque paroisse Saint-loi le 24 avril 1751. Dcd le 5 et enterr Dunkerque paroisse Saint-loi le 6 juin 1752 l?ge de 13 mois.
  2. Louis-Jacques. N et baptis Dunkerque paroisse Saint-loi le 16 fvrier 1756. Dcd le 5 et enterr Dunkerque paroisse Saint-loi le 6 juin 1757 l?ge de 15 mois.
  3. Antoinette-Franoise L?Ane. Ne et baptise Dunkerque paroisse Saint-loi le 11 aot 1757. Marie vers 1777 Jean Chalmette, capitaine d?artillerie au bataillon milice. Marie le 29 dcembre 1787 Jrmie paroisse Saint-Louis Jean de Maffrand, n Pluviers en Prigord et domicili Port-au-Prince. Jacques Kanon s?opposa ce mariage. Marie (rhabilitation) le 15 juin 1790 Jrmie paroisse Saint-Louis Jean de Maffrand. Cette fois Jacques Kanon consentit l?union. Ses enfants:

Premier lit:

  1. Antoine-Jean-Jacques Chalmette n le 7 fvrier 1778 et baptis Jrmie paroisse Saint-Louis le 3 juillet 1778.
  2. Louise-Antoinette Chalmette ne le 27 janvier 1780 et baptise Jrmie paroisse Saint-Louis le 30 juillet 1780.
  3. Jeanne-Hiacinthe Chalmette ne le 16 aot 1783 et baptise Jrmie paroisse Saint-Louis le 11 octobre 1783.

Deuxime lit:

  1. Louise-Franoise de Maffrand baptise Jrmie paroisse Saint-Louis le 15 juin 1790.

Antoinette-Franoise Kanon L?Ane fut indemnise le 28 janvier 1833 pour la somme de 32,500 F. Cet argent provenait de la succession Jacques Boccalin, pour un bien rural sis La Casetache (ville basse de Jrmie).

  1. Antoinette-Franoise La Jeune. Ne le 31 juin et baptise Libourne le 1er juillet 1762. Aucun autre renseignement.

Jacques Kanon tait galement le pre d?une fille naturelle. Antoinette-Adlaide. Ne Jrmie vers 1781. Envoye en France vers 1786. Marie (sans acte de naissance) le 14 Thermidor An XI (2 aot 1803) Blaye Pierre Limouzin.

H) Autres: Initi par la loge franc-maonique bordelaise de l?Amiti le 2 mai 1765. Bourgeois Bordeaux le 25 septembre 1765.

I) Activits commerciales: Achte en 1760 une entreprise viticole Saint-milion (Devient Chteau Canon Saint-milion 1er Grand Cru class). Achte entre 1772 et 1778 une grande plantation Jrmie canton de la Voldrogue, y opre une grande sucrerie jusque vers 1791(L?endroit s?appelle encore aujourd?hui Habitation Canon).

J) Dcs: Bordeaux le 21 Floral An VIII (11 mai 1800) l?ge de 74 ans et 4 mois.

Ronald Deschnes,

M.A.J.: 23 fvrier 2000.

AUTRES DOCUMENTS NON PUBLIS ET PUBLIS

NON PUBLIS (2)

DESCHNES, Ronald, Trois Marins Franais Qubec 1758-1759, Sainte-Foy, 1977, 144 pp.

DESCHNES, Ronald, Jacques Kanon (1726-1800), Sainte-Foy, 1998, 113 pp.

N.B : Ces deux livres sont dposs la Bibliothque nationale du Canada en copyright. Ils ne sont pas publis parce que en constante volution dans le temps.

PUBLIS (8)

HISTOIRE FIDENNE (3)

DESCHNES Ronald, propos du Fort de Gaudarville, L’cho Fiden, vol. 2, no. 2, automne 1988, Sainte-Foy, 1988, p. 8 10.

DESCHNES, Ronald, Les premiers de Sainte-Foy, sous le Rgime Franais, L’cho Fiden, no.3, mars 1987, Sainte-Foy, 1987, p. 5 7.

DESCHNES, Ronald, Cte St-Michel en 1754, L’cho Fiden, no. 2, dcembre 1986, Sainte-Foy, 1986, p. 26 32.

HISTOIRE MARITIME (5)

DESCHNES, Ronald, L’Atalante frgate du Roy, L’Escale no.16, aot-septembre 1986, Qubec, 1986, p. 9 11.

DESCHNES, Ronald, Jacques Kanon corsaire Blayais (1726-aprs 1777), Les Cahiers du Vitrezais, no 52, mai 1985, Paris, 1985, p. 63 68.

DESCHNES, Ronald, Jean d’Olabaratz (1727-1808), Bulletin Municipal de Saint-Jean-de Luz 1985, no 21, Saint-Jean-de Luz, 1987, p. 71 75.

DESCHNES, Ronald, Ristigouche, Mmoire no. 2-3 t-automne 1985, Socit d’Histoire de Sainte-Foy, Sainte-Foy, 1985, p. 22 et 23.

DESCHNES, Ronald, La construction navale royale Qubec, L’Escale, no. 55, dcembre 1993, Qubec, 1993, p. 35 37.